Avec The Essence, Etienne Dricot publie en ce début d’année un ouvrage unique, assemblé avec soin et rassemblant quantité de photographies et d’informations. Une véritable encyclopédie, qui manquait cruellement aux passionnés de la marque, et tombe donc à point nommé. Derrière ce livre, une histoire de passion et de vie. Une histoire qu’Etienne nous a raconté, et qu’on vous raconte à notre tour.

C’est enfant, avec les pages des revues automobiles que tout commence. Soigneusement découpées, les fiches techniques des autos présentées se transforment en jeux des 7 familles. Etienne et ses amis s’échangent alors les cartes : « dans la famille italienne, le V8 ? », « dans les américaines, la décapotable ? »… Exit les voitures populaires, fades et essoufflées. La bande ne retient que les autos de prestige, puissantes et rares, dont les élégantes anglaises. Car si il y a une marque qui retiendra l’attention de l’auteur, c’est bien celle-ci : Aston Martin.

Les années passent, et c’est à Londres de dévoiler ses cartes. Stéphane, un ami d’Etienne y travaille depuis quelque temps, et s’aperçoit rapidement d’une chose : les Aston font ici partie du paysage. Il en croise à chaque coin de rue, les voit traîner le long des trottoirs, ou encore capot levé chez le garagiste du quartier. C’est irréel. Un coup de fil allumera la mèche : « Il y a des Aston partout ! Il faut que vous veniez voir ça ! ».

Quelques heures de train conduisent la bande dans la ville, qui devient alors leur nouveau terrain de jeu. Les rues de la capitale anglaise répondent alors aux pages découpées des revues de leur enfance. Les rues, mais également les clubs selects. Là-bas, les autos de luxe – souvent britanniques – accompagnent les clients, que les passionnés n’hésitent pas à questionner. Les refus sont rares, les discussions grisantes et l’enthousiasme naissant.

Au fil des années, Etienne s’immerge dans le milieu de l’automobile de collection, et notamment de la marque de Gaydon en adhérant au Aston Martin Owner Club. À cette période, un appareil photo se glisse entre Etienne et les machines. Il ne le quittera plus, et arpentera les événements avec lui et son ami Philippe, des concours d’élégance de la marque, aux courses historiques sur des circuits tels que Spa-Francorchamps ou Linas-Montlhéry. Il y perfectionne sa technique, et se fait remarquer au sein du AMOC (Aston Martin Owner Club ndlr) grâce à son succès au concours photo annuel du club : une photo en filé et en contre-plongée du célèbre « petit poids », auto de course de 1922, en plein virage. Un savant mélange de dynamisme et d’émotion, qui fera vibrer le jury et remportera le succès.

« Les rues de la capitale anglaise répondent alors aux pages découpées des revues de leur enfance. »

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« Les rues de la capitale anglaise répondent alors aux pages découpées des revues de leur enfance. »

Des photographies et des automobiles d’exception. Il n’en aura pas fallu plus pour que l’idée naisse, notamment grâce à leur ami Pierre-Yves, qui pousse Etienne et Philippe à initier le projet. L’idée grandit, et le concept se fige : résumer l’ère David Brown de la marque, en sélectionnant et en documentant exclusivement des modèles de route, assemblés par l’usine. Pas d’auto de course, ni d’exemplaire re-carrossé par des ateliers indépendants. De la DB2 à la DB6 : 20 années d’évolution, de raffinement, de goût et de luxe.

Les autos de Philippe serviront de cobayes pour les premiers clichés. Une collection modeste, mais qui leur permet de mettre le pied à l’étrier. Le choix est fait de prendre les photos en lumière naturelle, évitant ainsi le coût élevé des séances en studio. Etienne, habitué à photographier des voitures de course en mouvement, se voit dépassé par l’exercice : les photos sont fades, figées, et le rendu n’est pas à la hauteur. Il en faudra plus pour décourager le photographe. Passionné et motivé, l’apprentissage des techniques adéquates se fait naturellement. Les images deviennent alors saisissantes, nettes, et chirurgicales, comme le prouve The Essence.

L’appréhension du médium photographique marque le vrai début du projet. Désormais, la vraie difficulté se dévoile : repérer et trouver les différents exemplaires à documenter. Un travail titanesque, nourri par la passion, et les relations liées au fil des années, notamment via le Aston Martin Owner Club.

Etienne commence sa chasse, et remue l’Europe pour y débusquer les anglaises. Minutieusement, tout est répertorié : modèles, numéros de châssis, propriétaires, numéros de téléphone, coordonnées postales, etc… Tant de données précieuses, qui constituent la source de The Essence. Des données pas toujours évidentes à obtenir, et parfois des autos très difficiles à trouver. Certaines auront l’audace de faire patienter l’auteur plusieurs années, quand d’autres arriveront presque à se faire oublier.

De la DB2 à la DB6 :
20 années d’évolution, de raffinement, de goût et de luxe.

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De la DB2 à la DB6 :
20 années d’évolution, de raffinement, de goût et de luxe.

D’heureux hasards auront raison de ces attentes, forçant les mises en contact et poussant les anglaises à se laisser photographier. Le livre prend forme, se construit grâce à ces rencontres, ces autos et leurs images. Le choix de photographier les véhicules en extérieur uniquement compliquera certaines séances, obligeant parfois à les reporter. Mais ce choix aura l’avantage de faire de ce livre un ouvrage d’une richesse visuelle exceptionnelle. La beauté d’un coucher de soleil complète le charme d’un ciel grisonnant, et les machines s’y retrouvent vivantes : figées imparfaites et tachées par la route. Le dynamisme perdu par l’absence de mouvement se retrouve alors, rendant leur caractère aux images d’Etienne.

La genèse se poursuit, les heures passées et les kilomètres avalés raffinent l’essence nécessaire à l’ouvrage. Un carburant constitué d’images, d’histoires et d’anecdotes qu’Etienne compte par centaines, offrant à The Essence ses fondations.

Conçu pour proposer une vue d’ensemble de la production Aston Martin des années David Brown, The Essence présente chaque modèle sous tous ses angles. Vue de face, de côté, 3/4 avant, baie moteur… rien n’est laissé au hasard, avec une technicité rare. Tous les modèles présentés affichent leurs vues comparatives, où les différentes déclinaisons se placent côte à côte, fournissant au lecteur une vision globale du modèle. Les spécificités techniques de la série complètent cette vision, accompagnées des particularités et de l’histoire faisant de chaque auto ce qu’elle est.

Présenté dans un élégant écrin argenté, The Essence ne donne qu’une envie : déballer les deux tomes, les étaler sur sa table basse et s’y plonger pendant des heures. Chaque page nous transporte, et toutes les émotions qui ont nourri ce livre nous remontent en pleine face. Les autos défilent, comme le temps qui passe, vite, trop vite.

The Essence force l’admiration : des centaines de rencontres, des milliers de kilomètres parcourus, 10 années de travail, 1.500 heures de mise en page, près de 2.000 heures de shooting, 40.000 photos… 500 pages résumant une véritable histoire de vie. Un exemple de passion et de persévérance. Etienne, ainsi que toutes les personnes ayant collaboré à cet ouvrage, peuvent être fiers : l’odeur du cuir, de l’huile et de l’essence sont là, et l’image de nos mains sur les cerceaux de bois arrive vite. The Essence fait vibrer, et on retourne le feuilleter.  

Pour en savoir plus et commander le livre : www.advantaged.eu