Photos & texte : Maxime Delestre

Les meilleurs voyages sont souvent une histoire d’amitié et de passion.

Celui que je vais tâcher de vous raconter ici ne fait pas exception. Une amitié née autour de la passion de la moto et de l’automobile avec Thibault il y a maintenant 3 ans. Une amitié qui nous a amenés à partager de bons moments autour d’intérêts communs, et notamment quelques belles arsouilles au volant de nos Austin Mini respectives. Pour l’été 2018, nous avions comme projet de partir ensemble pour un mini road-trip d’une semaine maximum, puisque nos emplois du temps étaient difficilement flexibles. Je propose le désert des Bardenas, en Espagne.

Deuxième désert européen, il est situé au sud de Pampelune. Je connais déjà ce lieu, pour y avoir posé les roues de mon Volkswagen T3 lors d’un road trip au cours de l’été 2017. Fasciné par l’endroit, je n’ai qu’un objectif, y retourner à moto pour m’amuser sur les pistes asséchées rappelant celles du désert marocain ou de l’Arizona. La destination séduit rapidement Thibault. Il nous faut maintenant trouver les motos qui nous accompagneront sur ces pistes caillouteuses. Très vite, l’Africa Twin 650 apparaît comme une solution parfaite. Accessible, plus légère que sa petite sœur 750, et donc plus à l’aise lorsque le bitume disparaît, elle est bonne à tout faire… et quel look ! Décorée de bleu et de rouge, haute sur pattes, elle nous transporte directement à l’âge d’or du Dakar. Le choix est fait, ce sera avec cette légendaire moto des années 80 que nous partirons à l’assaut de la poussière.

Quelques semaines après, elles sont là, côte à côte, à Paris. Celle de Thibault provient de Lyon. Pour ma part, c’est à Nevers que j’ai déniché la mienne. Mon histoire avec cette moto commence plutôt mal, une semaine après l’achat, je tombe en panne à l’entrée du périphérique à 4h du matin, en rentrant de soirée : pompe à essence HS. Une bonne révision sera nécessaire sur les deux motos pour partir sereinement.

12 Août 2018, départ de Biarritz.

Après un excellent steak tartare en terrasse, il est temps de prendre la route, accompagnés par nos deux copines, direction l’Espagne. Seulement 224 kilomètres séparent la capitale française du surf du désert espagnol. Une bagatelle pour le bi-cylindre de nos vieilles, mais vaillantes Honda. Le trajet sur route se déroule sans encombre, et seule une violente averse de pluie à 50 kilomètres du but vient noircir le tableau. Au fur et à mesure que la destination s’approche, les paysages changent, s’assèchent. Nous apercevons le panneau « Parque Natural de las Bardenas Reales ». L’excitation est à son comble, nous arpentons à vive allure la petite route sinueuse qui nous conduit à l’entrée du désert. Le poids de la moto en duo nous rappelle que le freinage assuré par un seul disque n’a rien de moderne et qu’il ne faudrait pas que le rythme augmente encore et encore. Il serait dommage de tout casser avant même de poser les crampons sur une piste. Après quelques kilomètres de virages, nous y voilà, enfin.

C’est la seconde fois que je découvre ce lieu, et malgré tout, je suis de nouveau surpris. Les paysages sont saisissants. En quelques minutes, nous voilà transportés dans un western du Far West. Par chance, la température reste raisonnable, et c’est un véritable bonheur de rouler sur ces pistes désertes. Nous quittons l’une des deux pistes « touristiques » et entretenues pour nous aventurer sur un chemin un peu plus fun. Il nous conduit un peu plus en hauteur et nous offre un panorama spectaculaire. Après une super après-midi à arpenter les pistes, nous décidons de nous arrêter pour boire et manger.

Les victuailles sont stockées dans le Jeep de Benjamin, un autre ami qui nous accompagne. Le soleil commence à descendre, la lumière prend des teintes dorées, le spectacle est à couper le souffle. Le paysage est magnifié par cette lumière du soir. Entre deux tranches de jambon espagnol, nous enchaînons les travers et dérapages sur une belle étendue de terre ce qui dégage des nuages de poussière énormes, sous le regard de nos copines qui trouvent ça idiot. Ce n’est pas grave, on aime ça ! Évidemment, à force de se prendre pour Cyril Neveu, la chute finit par arriver. Je casse la visière de mon casque et le rétroviseur de ma moto. C’est ainsi que se termine ce premier jour. Il est temps d’aller se coucher.

Le camping sauvage est interdit au sein du parc, nous devons donc sortir du désert afin de trouver un endroit pour planter nos tentes. Nous trouvons une vaste étendue non loin de là, nous y établirons notre campement pour 3 jours. Le programme des jours suivants ne sera guère très différent : des paysages incroyables, beaucoup de fun au guidon de nos vieilles machines, et de délicieuses tapas dégustées dans le village de Tudela, non loin du désert. Seule ombre au tableau, 4 jours c’est court, et il est déjà temps de rentrer. C’est avec les visages poussiéreux mais souriants que nous quittons ce désert.

Nous y retournerons, c’est certain !