Photos & texte : Mathieu Bonnevie

Tous les deux ans, Le Mans Classic fait revivre les plus belles heures des mythiques 24 Heures du Mans. Initialement divisées en 6 catégories selon leur année et leurs performances, les autos produites entre 1923 et 1981 peuvent participer à la compétition, sous condition d’éligibilité. Elles ont été rejointes récemment par les bestiales Group C, produites entre 1982 et 1993, puis par la catégorie des Endurance Racing Legends, dont la période de prédilection se situe entre les années 1990 et 2010.

Pendant 3 jours, ces reines de l’endurance enchainent des sessions d’essai, de qualification et de course, catégorie par catégorie. C’est l’unique événement où on peut voir une Bentley 4 ½ au lever de soleil au Tertre Rouge, Une Jaguar Type C passer sous la passerelle Dunlop dans la matinée, une Peugeot 905 survoler les vibreurs du raccordement en pleine journée, une Ford GT40 au coucher de soleil à Indianapolis, et une Porsche 917 à travers la forêt des Hunaudières en pleine nuit !

« Rapide contrôle de la pression de pneus, violent coup de chiffon sur le pare-brise, la voiture est reposée au sol, coup de gaz, première, et retour au front. »

Cet événement incontournable se déroule début juillet et est une réelle épreuve tant pour les hommes que pour les machines. Les journées sont longues, la chaleur est éprouvante. Les bouteilles d’eau envahissent les paddocks, les mécaniciens dorment dans les stands, les pilotes sont trempés de sueur, les durites lâchent et l’huile bouillante s’échappe des moteurs !

Les courses s’enchaînent par session de 45 minutes. Si la lutte pour la victoire a lieu sur la piste, c’est pourtant dans les stands que l’on ressent toute la tension de la course. Les voitures se précipitent vers leurs équipes, s’arrêtent brutalement avec une épaisse poussière de frein. Les mécaniciens courent partout, le cric rouleur est jeté sous la voiture, les clés volent, le marteau frappe la tôle pour la redresser. 

Changement de pilote, le premier s’extrait de la voiture, échange 3 mots avec son coéquipier qui s’installe à son tour. Dans le même temps, d’autres voitures s’arrêtent et repartent tout autour, les autres en course passent à plein régime dans la ligne droite et grimpent au Dunlop. Rapide contrôle de la pression de pneus, violent coup de chiffon sur le pare-brise, la voiture est reposée au sol, coup de gaz, première, et retour au front. Voilà toute l’intensité du Mans Classic résumée en 2 minutes d’arrêt au stand !

Parmi les moments forts, les départs type Le Mans sont un réel spectacle. Pour les quatre premières catégories de voitures (de 1923 à 1965), les autos sont rangées en bataille dans la ligne droite des stands et une agitation de drapeau donne le coup d’envoi de la course. Alignés de l’autre côté de la piste, les pilotes courent à leur voiture et s’élancent.

C’est de cette manière que démarraient les 24 Heures du Mans jusqu’en 1969, année où un certain Jacky Ickx décida de marcher à sa voiture pour dénoncer les conditions de sécurité… Et remporta la course!  

Date de la dixième édition de « Le Mans Classic »: 3, 4 et 5 Juillet 2020