Photos & texte : Jasper Schwering

1300 kilomètres en quatre jours, sur quatre cylindres.

Il y a quatre mois, j’embarquais pour un voyage depuis Munich, ma ville natale, vers Londres, où j’étudie. Après mon premier semestre en outre-manche, je suis retourné en Allemagne pour les fêtes de Noël, et j’ai réalisé que ma BMW 316 E30 me manquait beaucoup trop. Etant donné que le temps pour travailler sur ses petits problèmes ne manquerait pas, j’ai décidé de l’emmener avec moi. En plus de faire le voyage en Angleterre, il fallait que ça soit un vrai roadtrip, en évitant les autoroutes, en faisant des pauses à côté de la route et en passant du temps dans ma voiture. Après avoir planifié les étapes, et défini les canapés qui m’accueilleront le temps d’une nuit, le chemin fut choisi.

Jour 1 : Munich -Mummelsee – Strasbourg

L’horloge indiquait sept heures du matin, et je prenais la route vers la première destination, Strasbourg. Là-bas, j’allais rencontrer Armand et ses copains. Mais avant d’arriver en France, je voulais passer par la Forêt Noire pour prendre des photos de voitures sur ce genre de routes. Un must-do obligatoire. Même si le moteur de type M10 a seulement 90 chevaux – et que je suis tout de même convaincu qu’il n’en reste pas autant – ça fait toujours autant plaisir de rouler à 80 km/h dans les petits virages. De plus, c’est une allure adaptée pour trouver le spot idéal à la prise de belles photos. Etant fan de la randonnée, j’avais prévu de faire une pause au bord du lac Mummelsee pour y passer quelques heures. Malheureusement, il y a neigé sans arrêt rendant l’accès impossible. Heureusement, j’ai eu la chance de retrouver mon bon ami Luca (@hub_raum_) qui habite vers la banlieue de Stuttgart. Nous avons partagé un repas à l’hôtel Mummelsee pour manger la spécialité locale, le Maultaschen, pendant que la tempête enneigeait nos BMW. Quand le plan initial ne se réalise pas, il est important de savoir improviser.

Et il est clair que de passer un après-midi dans un hôtel, parlant de voitures et de photographie est un meilleur choix que d’aller marcher dans le brouillard. ‘Puis le Maultaschen est tellement bon… Ce n’est pas pour rien qu’elles si sont reconnues !

C’est après le coucher de soleil, que je me suis remis en route pour arriver à Strasbourg. J’ai rencontré Armand à son garage et on a embarqué dans sa belle 325i pour retrouver Yannick autour d’une bière et d’un burger. Après avoir écrit quelques textos à des amis, Alex et Arnaud nous ont rejoint dans un parking pour faire quelques photos. En retrouvant spontanément trois autres amateurs d’E30 sur mon voyage, je savais déjà que le roadtrip était un bon choix. Chacun des modèles de séries 3 présent cette nuit là aurait pu être génial à photographier séparément, mais pouvoir les photographier toutes en même temps, c’était encore mieux ! C’est à ce moment-là que j’ai ressenti la joie qui provient de la passion pour les vieilles voitures. Faire partie d’un groupe qui partage le même centre d’intérêt, n’importe où l’on va, c’est un vrai plaisir.

En retrouvant spontanément trois autres amateurs d’E30 sur mon voyage, je savais déjà que le roadtrip était un bon choix.

En retrouvant spontanément trois autres amateurs d’E30 sur mon voyage, je savais déjà que le roadtrip était un bon choix.

Jour 2 : Strasbourg – Sarrebruck – Bruxelles

Le jour d’après, j’allais conduire à Sarrebruck pour y passer une nuit, avant d’arriver à Bruxelles. Mais avant de partir, Armand m’a emmené faire un petit tour au port de Kehl, pour me partager son spot préféré à proximité de Strasbourg. Ce qui me plaît le plus, quand je rencontre des gens qui roulent également en E30, c’est d’un côté d’entendre les différentes histoires que chacun peut raconter à propos de sa voiture, et d’un autre côté de voir la diversité dans les styles. Que ce soit l’intérieur ou l’extérieur, que la voiture soit d’origine ou modifiée, il y a tant de différences. La mienne est un modèle de 1986, avec seulement trois options, dont un toit ouvrant, achetée neuve par ma grand-mère. Elle est plutôt spartiate, avec seulement un rétroviseur, sans vitres électriques ou de verrouillage centralisé.

Jour 3 : Les Vosges – Les Ardennes

Après ces deux premiers jours, déjà riches en photos et en rencontres, il me restait encore une grande partie du chemin à faire. J’avais encore une journée pour arriver à Dunkerque et prendre le Ferry. Mais avant de m’approcher de ma destination finale, j’espérais passer plus de temps pour apprécier la pureté de la nature en traversant les parcs naturels régionaux des Vosges et des Ardennes. En seulement une journée je suis passé par l’Allemagne, le Luxembourg, la France et deux fois par la Belgique, en conduisant tout au long de la frontière Franco-Belge.

Un souvenir particulier m’a marqué cherchant un bon endroit dans le parc des Ardennes pour déjeuner. J’ai utilisé l’option relief de google maps pour chercher et marquer l’endroit le plus élevé des Ardennes. L’objectif étant de trouver une belle vue, pour mieux comprendre le paysage que je parcourais depuis des jours. Sans connaître la destination, je suivais mon portable sur un chemin forestier en espérant qu’il m’aiderait à trouver la vue dont je rêvais, sans savoir si elle existait véritablement. Seulement des arbres à mes côtés, je m’enfonçais dans la forêt pendant au moins quarante minutes, sans vouloir rouler trop vite, pour éviter d’abimer la voiture. Juste avant de vouloir faire demi-tour, persuadé que cette rue m’emmènerait au centre de la forêt, j’ai regardé vers ma gauche et c’est alors que j’ai vu l’horizon. Alors, j’ai garé la voiture et marché quelques minutes, suivant la lumière qui passait par les arbres et je me suis retrouvé en haut de la vallée du village de Fépin, en observant la rivière Meuse. Cette vue magnifique m’a rappelé qu’il vaut toujours la peine de faire aussi un détour imprévu.

Jour 4 : Bruxelles – Dunkerque – Douvres – Londres

Pendant la dernière nuit de mon voyage, à Bruxelles, il était temps de prendre le Ferry. Je me suis mis en route au long du E40 jusqu’à Ostend, pour voir une dernière fois la Manche du côté européen. Arrivant pile à l’heure au port de Dunkerque, la bateau s’est mis en direction de Douvres. Je n’étais pas prêt à conduire directement jusqu’à Londres pour finir le voyage. Les quatre jours précédents m’ont procuré tant de joie qu’il fallait terminer simplement un dernier highlight. Me trouvant déjà à Douvres, j’ai jeté un coup d’oeil sur les falaises blanches, et ça valait vraiment le coup ! Finalement, le soleil commençait à se coucher et j’ai fini mes deux dernières heures de route pour Londres.

Ce voyage particulier se termine sur un simple constat : tant que nous avons une voiture qui roule, et l’envie de découvrir de nouvelles parties du monde, autant y aller ! Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Vivement mon prochain voyage, dans quelques semaines, ma 316 et moi embarquons pour une nouvelle destination, l’Irlande.